Alessandro SCARLATTI
1660-1725
Salve Regina
Stabat Mater
Quae est ista
Le Salve Regina, le Stabat Mater et le motet Quae
est ista enregistrés ici sont toutes les trois consacrées à la Vierge. A
l'exception des quelques mots écrits par saint Jean signalant la présence de Marie au
pied de la Croix, nous ne connaissons presque rien de la relation de Jésus avec sa mère.
L'idée de la "mère miséricordieuse" naît au IVe siècle en même
temps que se développe une certaine conception de la féminité. Au moyen Age, une partie
des chrétiens commence à associer la dévotion pour les douleurs de Marie à la
dévotion pour la Croix et les plaies du Christ: la présence de la Vierge au pied de la
Croix prouverait sa coopération à la rédemption du monde. Stabat!
Elle était debout, immolant son fils pour toute l'humanité. A ce titre, Marie se
fait corédemptrice du genre humain. Elle met son omnipotence au service des pêcheurs et
intercède auprès de Jésus en leur faveur. Le culte que les catholiques lui rendent est
une vision atténuée du culte au Christ. Culte de vénération, de gratitude, d'amour et
d'invocation, il est marqué par des fêtes exceptionnelles (l'Annonciation, l'Assomption)
et des pratiques quotidiennes.
Le Salve Regina, longtemps chanté à la fin des complies, est la dernière et la
plus connue des quatre antiennes latines dédiées à la Vierge.
Scarlatti en a laissé au moins cinq mises en musique différentes. Celle-ci, en La mineur,
pour voix soliste accompagnée par deux violons et la basse continue, est divisée en six
séquences musicales.
Le texte du Stabat Mater est, quant à lui, attribué au franciscain Jacopone da
Todi, mort en 1306. Il se compose de vingt strophes, chacune comprenant trois vers. Le Stabat
exalte le sentiment de compassion du chrétien devant la Vierge souffrant au pied de la
Croix.
Le motet Quae est ista mis en musique par Scarlatti est extrait du recueil de concerti
Sacri gravé en 1707-08 à Amsterdam. Il est destiné "A toute fête de la
Vierge". Il est écrit en mi majeur, pour trois voix masculine,
interprétées alors, comme le voulait l'usage, par un falsettiste pour la partie d'alto,
un castrat exécutant la partie la plus aiguë et un ténor, qu'accompagnent deux violons
et la basse continue. |